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Les conditions de réussite d’une PRJ
De plus en plus d'entreprises font appel à la PRJ pour se tirer d'une passe difficile, mais beaucoup finissent malgré tout par déposer le bilan. Pourquoi, et que faire pour que la procédure soit réellement efficace dans le cas d'une PME ?
La loi sur la continuité des entreprises, communément appelée PRJ, a été adoptée en avril 2009. Des doutes sont exprimés quant à son efficacité, et pour cause : de nombreuses sociétés finissent par déposer le bilan après y être passées. Certains considèrent même qu’elle ne sert qu’à gagner du temps.
En réalité ces questions et ces doutes renvoient à l’origine des difficultés de l’entreprise, et aux conditions nécessaires à son retour à l’équilibre.
Si vous en êtes là, c’est qu’il y a un problème à traiter
Les difficultés de l’entreprise trouvent leur origine dans pleins de facteurs différents et le propos n’est pas ici d’envisager toutes les causes. Mais il faut rappeler une évidence : si l’entreprise a recours à une PRJ, c’est qu’elle a un problème, et que ce problème doit être traité.
Il peut être circonstanciel. La défaillance ponctuelle d’un client qui n’a pas payé une grosse commande, alors que l’entreprise est saine par ailleurs. Ce scénario idéal n’est pas représentatif de la majorité des entreprises en PRJ.
Plus souvent il est structurel, en lien avec le marché et au fonctionnement interne de l’entreprise. L’arrivée de nouveaux concurrents. Une baisse de marge. L’incapacité à augmenter les tarifs pour répercuter une hausse des coûts. Le déclin du marché sur lequel l’entreprise est active. La difficulté à se réinventer, de trouver de nouveaux produits ou services à vendre. Un discours de vente qui n’est plus percutant. Un processus de fabrication qui n’est plus compétitif.
Le scénario, presque toujours le même
Les marges diminuent petit à petit. Puis les pertes apparaissent, faibles au début. Le délai de paiement des factures s’allonge. On espère que ça ira mieux demain, ou l’année prochaine. Mais les pertes augmentent, et le lendemain meilleur n’est pas venu.
Ce scénario est commun, tel quel ou avec des variantes.
Ce que la PRJ fait, et ce qu’elle ne fera pas
Sans aucun doute, la PRJ est un outil formidable pour contribuer à remettre l’entreprise sur les rails. Elle permet de geler les dettes un certain temps, de chercher des solutions, de négocier avec les créanciers. Elle permettra probablement d’obtenir un étalement du remboursement, avec ou sans réduction des dettes.
Mais elle ne règlera pas le problème qui est à l’origine des dettes. Elle n’améliorera pas la rentabilité et ne règlera pas les problèmes de gestion. Elle ne développera pas les ventes et ne réduira pas les dépenses. Elle n’aborde qu’un aspect du problème : les dettes.
Or le problème de l’entreprise, ce ne sont pas ses dettes, mais ce qui les a provoquées. Les dettes ne sont qu’une conséquence.
Ce que le redressement exige réellement
Il nécessitera souvent des mesures vigoureuses et rapides, et un changement de cap dans la gestion. Dans une PME, le patron a le nez dans le guidon, pris par la gestion quotidienne. Il pare au plus pressé et n’arrive pas à dégager du temps pour prendre du recul. Il peine à identifier et à mettre en œuvre les mesures urgentes et radicales nécessaires.
Autrement dit, un redressement réussi et durable passera par des initiatives sur le plan de la gestion, qui s’ajouteront à la procédure juridique. Le dirigeant doit comprendre cela. Et s’il n’arrive pas à mettre en place le changement nécessaire, il doit se faire conseiller pour y parvenir vite.
C’est vraisemblablement en intégrant cette réalité que le taux de réussite des PRJ — au sens de la survie de l’entreprise dans la durée — pourra augmenter de façon significative, préservant ainsi l’activité et les emplois.
Cette prise de conscience est aujourd’hui urgente, en particulier pour les PME. Sans changement dans la gestion de l’entreprise, les mêmes résultats risquent de se reproduire, avec des conséquences plus malheureuses encore.
Nady Bilani
Traiter la cause, pas seulement la dette
C'est exactement le travail que nous menons avec les dirigeants : prendre le recul que le quotidien interdit, et mettre en œuvre le changement de cap qui rend le redressement durable.
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