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La PRJ : pour qui, dans quelles situations ?
La PRJ découle de la loi sur la continuité des entreprises : offrir une seconde chance aux entreprises en difficulté, leur permettre de poursuivre leur activité et, à la clé, sauver des emplois. Mais à qui s'adresse-t-elle, et dans quelles circonstances faut-il l'envisager ?
Vous avez les huissiers à vos portes. Vous perdez de l’argent. Vous êtes rentable mais avez un problème de trésorerie. Vous avez été déficitaire un certain temps, vous avez redressé la barre mais vous ne parvenez pas à combler les pertes cumulées. Dans quels cas la PRJ a-t-elle sa place dans votre plan de redressement ?
Ce que la procédure vous donne concrètement
La PRJ permet à une entreprise confrontée à un problème de trésorerie de disposer d’un sursis : un délai de quelques mois destiné à trouver un accord avec ses créanciers, et à explorer des pistes de retour à l’équilibre.
L’accord avec les créanciers porte principalement sur les modalités de remboursement de la dette. Le plus souvent un échelonnement des remboursements, et dans certains cas la possibilité d’obtenir des abattements significatifs.
Pourquoi un créancier accepterait-il de renoncer à son argent
La question mérite d’être posée, parce que la réponse détermine les chances de réussite de toute négociation.
En pratique, les créanciers doivent choisir entre deux options : réclamer le paiement intégral de leur créance, au risque de provoquer une faillite immédiate et de ne rien récupérer ; ou renoncer à une partie de la dette, avec une probabilité plus importante de récupérer le solde. Et de poursuivre la relation d’affaires au bénéfice des 2 entreprises. Ce sont ces conditions, et les éléments que les créanciers prendront en compte, qui déterminent si la PRJ peut s’appliquer à vous.
Les deux situations où la PRJ a un sens
Les cas pour lesquels la procédure mérite d’être envisagée sont simples.
- Vous êtes (revenu) à l’équilibre. Vos prévisions indiquent une possibilité de consolider ce redressement, mais vous ne pouvez pas assumer le poids de la dette, qu’il s’agisse d’un problème de délai ou de montant.
- Vous voyez des possibilités de retour à l’équilibre et avez besoin d’un délai pour négocier, explorer des pistes, ou valider que les mesures prises donneront les résultats escomptés. La négociation de la dette viendra ensuite, une fois l’entreprise remise sur les rails.
Hors de ces situations, la PRJ n’a pas de sens.
Ce qui fait réellement la différence
Le passage obligé de la PRJ est un plan d’affaires qui tient la route. L’ampleur de vos pertes antérieures est presque secondaire : c’est la perspective et la crédibilité de votre budget qui feront la différence. Il faut pour cela un plan couvrant les trois à cinq années à venir, fondé sur des hypothèses solides et sérieuses. Le reste peut, à l’extrême, être considéré comme accessoire.
Tenez-le-vous pour dit : l’enjeu est avant tout de nature économique. Il porte sur la gestion de l’entreprise et sur sa vision, ainsi que sur votre crédibilité pour mener le plan de relance jusqu’au bout.
Nady Bilani
Votre situation entre-t-elle dans ces cas ?
Un premier échange permet de le dire rapidement, et d'éviter d'engager une procédure qui n'apporterait rien.
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